L'essentiel en 30 secondes
Le reporting sectoriel selon IFRS 8 présente les activités à travers les informations effectivement utilisées par la direction pour répartir les ressources et apprécier les résultats. Un secteur opérationnel est une composante qui exerce des activités pouvant générer des produits et des charges, dont les résultats sont régulièrement examinés par le décideur opérationnel et pour laquelle des informations financières distinctes sont disponibles. Un secteur à présenter est un secteur opérationnel, ou un regroupement autorisé de secteurs, retenu pour les informations publiées selon les règles de la norme.
- Partir du pilotage réel, pas d'un découpage de communication. Le principal décideur opérationnel, souvent désigné par l'abréviation anglaise CODM, est la fonction qui alloue les ressources et évalue la performance des secteurs ; il peut s'agir d'une personne ou d'un comité. Les dossiers qu'il examine constituent une preuve importante du découpage retenu. Une activité, une zone géographique ou une combinaison peuvent donc structurer les secteurs, selon l'organisation effective du groupe.
- Expliquer la mesure de résultat utilisée. Le résultat sectoriel est la mesure du résultat d'un secteur communiquée au principal décideur opérationnel. Il peut différer d'un résultat établi selon les règles comptables du groupe : certains coûts centraux peuvent rester séparés, et les transactions internes peuvent suivre les conventions de gestion. Ces choix doivent être décrits, appliqués avec constance et reliés aux montants publiés.
- Faire le pont avec les comptes. Un rapprochement est une démonstration chiffrée reliant deux présentations d'une même information et expliquant leurs différences. Les totaux sectoriels ne constituent pas spontanément les totaux du groupe : opérations internes, fonctions centrales et différences de mesure doivent être expliquées. L'objectif n'est pas de produire des tableaux identiques, mais des lectures compatibles, traçables et utiles à la décision.
Le problème que ça résout
Un résultat global peut masquer des trajectoires opposées. Une activité améliore ses prix tandis qu'une autre supporte des coûts de lancement ; une zone gagne des clients tandis qu'une autre perd un contrat. Sans lecture sectorielle, la direction financière décrit une variation totale sans pouvoir relier clairement cette variation aux décisions opérationnelles.
La difficulté apparaît aussi lorsque chaque activité présente sa propre définition du résultat. Certains responsables incluent les services centraux, d'autres les excluent. Les ventes entre activités sont parfois comptées dans les deux présentations, sans explication. Le chiffre d'affaires (CA) est le montant des ventes de biens et de services reconnu sur la période ; distinguer ses composantes externes et internes devient alors indispensable pour comprendre les totaux.
Autre obstacle : confondre organisation juridique et organisation de gestion. Une société peut contribuer à plusieurs activités, tandis qu'une même activité peut traverser plusieurs sociétés. La consolidation est le processus qui présente les comptes d'un ensemble d'entités comme ceux d'une seule entité économique. Son découpage juridique ne suffit donc pas à identifier les secteurs opérationnels. La consolidation statutaire fournit le point d'arrivée comptable du rapprochement, pas nécessairement le découpage de départ.
Sans méthode commune, chaque clôture devient une discussion sur les chiffres plutôt que sur la performance. La clôture est le processus d'arrêté et de validation des comptes d'une période. Des corrections tardives, des fichiers contradictoires ou des frais centraux mal identifiés peuvent fragiliser l'explication publiée.
Le reporting sectoriel résout cette difficulté en organisant une chaîne explicite : activité pilotée, mesure utilisée, responsabilité de validation et rapprochement aux comptes. Il ne supprime pas les différences entre gestion et comptabilité ; il les rend visibles et contrôlables. La direction peut alors discuter de la contribution des activités sans attribuer à leur exploitation un écart provenant seulement d'une convention de présentation.
Exemple concret chiffré
Cet exemple est entièrement fictif : un groupe pilote Équipements et Services à partir d'un résultat après charges opérationnelles propres, avant frais centraux, intérêts et impôt. Les montants sont en millions d'euros. Les charges propres comprennent les dotations aux amortissements, répartition comptable du coût des actifs amortissables sur leur durée d'utilisation.
Équipements vend des prestations à Services, intégralement consommées pendant la période : aucun résultat interne ne reste inclus dans un actif en fin de période.
| Mesure | Équipements | Services | Total sectoriel | |---|---:|---:|---:| | CA externe | 80 | 40 | 120 | | CA interne | 10 | 0 | 10 | | CA total de gestion | 90 | 40 | 130 | | Charges opérationnelles propres | 72 | 32 | 104 | | Résultat sectoriel réel | 18 | 8 | 26 | | Résultat sectoriel budgété | 16 | 9 | 25 |
CA Équipements = 80 + 10 = 90 ; résultat Équipements = 90 − 72 = 18 ; résultat Services = 40 − 32 = 8. Le total sectoriel vaut 18 + 8 = 26, soit 130 − 104 = 26.
Les éliminations intragroupe suppriment les transactions entre entités du groupe pour ne conserver que leurs effets vis-à-vis des tiers. Le CA publié est 130 − 10 = 120. Les charges de Services comprennent l'achat interne de 10 : les charges propres après élimination valent 104 − 10 = 94. Les frais centraux non affectés sont de 6 ; les charges totales valent 94 + 6 = 100.
Le résultat opérationnel est le résultat des activités opérationnelles selon la définition comptable applicable. Ici, il vaut 120 − 100 = 20. Le pont 26 − 6 = 20 constitue un rapprochement partiel au résultat opérationnel, pas à lui seul le rapprochement du résultat requis par IFRS 8. L'élimination réduit ventes et charges de 10, sans effet sur le résultat dans ce cas.
Pour illustrer aussi ce rapprochement requis, supposons un résultat financier, solde des produits et charges financiers, nul, aucun autre élément affectant le résultat avant impôt et aucune activité abandonnée. Le résultat avant impôt est le résultat calculé avant la charge d'impôt sur le résultat. Il vaut alors 20 + 0 = 20 : le pont sectoriel 26 − 6 + 0 = 20 atteint également cette cible.
Le budget est la référence chiffrée approuvée pour la période. L'écart budgétaire se calcule réel − budget : Équipements = 18 − 16 = +2, favorable ; Services = 8 − 9 = −1, défavorable. Avec des frais centraux budgétés de 6 et les mêmes hypothèses pour les autres éléments, le résultat groupe budgété vaut 25 − 6 = 19 ; l'écart groupe est 20 − 19 = +1, favorable.
Mettre en œuvre : la méthode étape par étape
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Formaliser le périmètre et les décisions. Le périmètre désigne l'ensemble des entités et activités couvertes par une présentation. Recenser les obligations applicables, les destinataires et la fonction de principal décideur opérationnel. Livrable : une note de cadrage validée, avec les dossiers de direction examinés et les décisions qu'ils permettent de prendre.
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Établir la carte des secteurs. Décrire les activités candidates, leurs responsables, leurs informations financières et leur place dans les arbitrages. Examiner les regroupements et les secteurs à présenter. Livrable : une note argumentée sur le découpage, accompagnée des tests requis par IFRS 8 et de leurs conclusions.
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Définir les correspondances de données. Un référentiel est un ensemble partagé de codes, de définitions et de règles de classement. Associer les sociétés, activités et comptes aux secteurs, en prévoyant les cas où une société relève de plusieurs secteurs. Livrable : un référentiel sectoriel daté, avec règles d'affectation et responsables de maintenance.
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Écrire les conventions de mesure. Définir chaque ligne de résultat, les transactions internes, les frais centraux et les allocations. Distinguer la présentation au décideur opérationnel des ajustements nécessaires à la publication. Livrable : un dictionnaire des mesures et un modèle de rapprochement, avec le traitement de chaque différence.
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Tester sur une période complète. Reconstituer une période clôturée et vérifier les totaux, les opérations internes et les commentaires. La recette est la vérification formalisée qu'un dispositif répond aux besoins définis. Livrable : un dossier de tests, des anomalies corrigées et une validation conjointe du contrôle de gestion et de la consolidation.
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Organiser la production récurrente. Fixer les dates, les validations, la conservation des preuves et la procédure de changement du découpage. Livrable : un calendrier de production et un dossier sectoriel reproductible. Prévoir dès le départ le traitement des comparatifs lorsqu'une évolution de l'organisation modifie les secteurs présentés, plutôt que de découvrir le besoin au moment de publier.
Bonnes pratiques
Conserver les preuves du pilotage
Appuyer le découpage sur les documents réellement examinés par le principal décideur opérationnel : dossiers de résultats, arbitrages de ressources et comptes rendus de décision. Une présentation fabriquée uniquement pour la publication ne démontre pas l'approche de gestion. Conserver les versions datées permet aussi d'expliquer une évolution de l'organisation.
Séparer les lectures sans les désolidariser
Distinguer le résultat sectoriel communiqué à la direction, les frais centraux et les ajustements de publication. Cette séparation évite de modifier artificiellement les indicateurs de gestion pour les faire ressembler aux comptes. Le rapprochement doit identifier la nature des différences, pas seulement fournir un montant final qui tombe juste.
Rendre les allocations explicables
Un inducteur est une variable utilisée pour représenter la consommation d'une ressource ou le facteur qui explique un coût. Choisir un inducteur cohérent avec le service rendu : les effectifs peuvent convenir à certains services administratifs, mais pas à toutes les dépenses. Si la mesure suivie par le décideur laisse des coûts au siège, conserver cette logique et l'expliquer. Les méthodes d'allocations et de refacturations internes, facturations de biens ou services entre composantes d'une organisation, doivent rester distinctes du choix des secteurs. La fiche sur les allocations et refacturations internes approfondit ces mécanismes.
Assurer la comparabilité
Documenter les changements de mesure, les transferts d'activité et les modifications du découpage. Un résultat qui augmente après une réaffectation de coûts ne traduit pas nécessairement une amélioration économique. Pour les comparatifs, appliquer les dispositions de la norme et expliciter les limites éventuelles à la reconstitution des périodes antérieures.
Faire relire par des fonctions complémentaires
Le contrôle de gestion vérifie la fidélité à la vision décisionnelle ; la consolidation vérifie les rapprochements ; les responsables opérationnels confirment le sens économique. Une validation croisée évite qu'un tableau techniquement exact raconte une histoire erronée. Elle aide aussi à distinguer une anomalie de donnée, une convention de mesure et une véritable évolution de performance.
Erreurs fréquentes et pièges
Prendre les sociétés pour les secteurs
Une société juridique n'est pas automatiquement un secteur opérationnel. À l'inverse, un secteur peut regrouper des activités exercées dans plusieurs sociétés. Partir des dossiers du décideur opérationnel, puis construire les correspondances avec les comptes, évite d'imposer une structure juridique à une organisation de gestion différente.
Confondre secteurs opérationnels et secteurs à présenter
Tous les secteurs identifiés ne sont pas nécessairement publiés séparément. Mais un regroupement ne peut pas être décidé uniquement pour raccourcir une annexe ou masquer une activité déficitaire. Documenter les caractéristiques économiques, les critères de regroupement et les tests de présentation ; revoir leur validité lorsque le modèle économique change.
Forcer une mesure uniforme
IFRS 8 repose sur les mesures utilisées par le principal décideur opérationnel, pas sur une marge sectorielle universelle. Si plusieurs mesures sont utilisées, le choix de celle présentée doit respecter les dispositions de la norme. Décrire sa composition et les différences entre secteurs est préférable à une harmonisation artificielle réalisée seulement pour la publication.
Oublier les effets des opérations internes
Éliminer les ventes internes ne suffit pas toujours. Un résultat interne non réalisé est un profit sur une transaction intragroupe encore inclus dans un actif détenu par le groupe. Si des biens restent en stock, le rapprochement du résultat peut être affecté. Vérifier séparément les ventes, les charges, les actifs et les effets sur le résultat ; ne pas généraliser le cas simple où tout est consommé.
Répartir le siège pour embellir la présentation
Affecter mécaniquement tous les frais centraux aux secteurs peut déformer la mesure réellement examinée par la direction. À l'inverse, laisser des charges au siège sans explication peut rendre les performances difficiles à interpréter. Le bon traitement découle de la mesure de gestion et d'une information transparente.
Omettre les informations transversales
Même avec un seul secteur à présenter, les informations requises à l'échelle de l'entité restent à examiner. La présentation par produits et services, les informations géographiques et la concentration sur des clients importants répondent à d'autres questions que le seul tableau des résultats sectoriels.
Indicateurs et livrables associés
Un indicateur clé de performance (KPI) est une mesure sélectionnée pour suivre un objectif ou un enjeu de décision. Les indicateurs utiles au pilotage ne sont pas tous obligatoires dans l'information sectorielle publiée : distinguer les exigences de la norme, les mesures examinées par la direction et les contrôles de production.
- Résultat sectoriel. Formule générale : produits inclus dans la mesure − charges incluses dans la mesure. Cette formule n'a de sens qu'avec une convention écrite précisant les éléments retenus et exclus. Elle ne doit pas être assimilée automatiquement au résultat opérationnel du groupe.
- Taux de résultat sectoriel. Rapport du résultat sectoriel au CA retenu pour cette mesure. Formule : résultat sectoriel / CA retenu × 100. Dans l'exemple, Équipements = 18 / 90 × 100 = 20 %, et Services = 8 / 40 × 100 = 20 %. Le dénominateur comprend ici les ventes internes : ces taux ne décrivent donc pas uniquement la rentabilité des ventes externes. Si le CA est nul, le taux n'est pas calculable.
- Écart budgétaire de résultat. Formule : résultat réel − résultat budgété. Pour un résultat, un écart positif est généralement favorable ; pour une charge, un écart positif est généralement défavorable, à contexte comparable. La planification budgétaire doit utiliser un découpage compatible pour permettre cette analyse.
- Écart résiduel de rapprochement. Différence restant après prise en compte des ajustements documentés. Formule : total sectoriel + ajustements documentés − montant comptable cible. La cible de contrôle est zéro. Un résidu nul ne prouve toutefois pas, à lui seul, que chaque affectation est correcte.
- Part du CA interne. Proportion des ventes internes dans les ventes sectorielles. Formule : CA interne / CA total sectoriel × 100. Cet indicateur aide à repérer les secteurs dont les résultats dépendent fortement des échanges internes ; il ne remplace pas les tests de présentation d'IFRS 8.
Les livrables comprennent la note de définition des secteurs, le dictionnaire des mesures, les tableaux sectoriels, les rapprochements et les informations transversales requises. Ajouter un commentaire sur les principaux mouvements, un registre des changements et les preuves de validation rend l'ensemble réutilisable à chaque arrêté.
Ce que change un EPM
L'EPM, pour Enterprise Performance Management, désigne les processus et méthodes de gestion de la performance de l'entreprise. Une solution logicielle EPM soutient notamment la collecte des données financières, les calculs, la planification et le reporting. Elle peut industrialiser le reporting sectoriel, mais ne détermine ni le principal décideur opérationnel ni la conformité du découpage à IFRS 8.
Une dimension est un axe de classement des données, comme l'entité, le secteur ou la période. Un modèle adapté conserve séparément l'organisation juridique et les secteurs de gestion. Il permet d'affecter une même société à plusieurs secteurs lorsque les données sources sont suffisamment détaillées, tout en contrôlant que chaque montant est traité selon les règles retenues.
Les fonctions utiles comprennent la collecte contrôlée, les correspondances entre codes, les calculs d'allocations, l'identification des opérations internes et la production des rapprochements. Un circuit de validation est une succession définie de soumissions, contrôles et approbations. La piste d'audit est l'historique permettant de retracer l'origine d'un montant, ses transformations et ses validations. Ces mécanismes limitent les corrections non documentées et rendent le dossier plus reproductible.
La solution EPM peut aussi conserver différentes présentations d'un même résultat : celle examinée par la direction, celle destinée à la publication et les ajustements qui les relient. Il faut néanmoins concevoir explicitement les règles, les accès et les contrôles ; une différence de définition ne disparaît pas parce que les tableaux proviennent du même logiciel.
Parmi les solutions à examiner figurent OneStream, CCH Tagetik et Oracle EPM, notamment pour les besoins financiers et de consolidation selon les composants retenus. SAP Analytics Cloud, Anaplan, Pigment, Board et Workday Adaptive Planning peuvent également être étudiés pour les dimensions de planification et d'analyse, avec une articulation à la consolidation à vérifier. La comparaison doit porter sur les composants disponibles et leur adéquation au besoin. Tester les rapprochements, les changements de secteurs et la traçabilité sur ses propres données est plus utile qu'un classement générique.
Niveaux de maturité
Débutant : une lecture sectorielle encore artisanale
Les activités disposent de tableaux séparés, souvent reconstruits à chaque arrêté. Les définitions de résultat varient et les correspondances avec les comptes reposent sur la connaissance de quelques personnes. Les frais centraux ou les opérations internes sont traités tardivement. Signe distinctif : expliquer le total nécessite plusieurs échanges et des corrections manuelles dont l'origine n'est pas toujours conservée.
La priorité consiste à identifier le décideur opérationnel, stabiliser les secteurs et écrire les conventions de mesure. Un rapprochement simple mais intégralement expliqué apporte davantage qu'un tableau très détaillé sans règles partagées. Ce niveau peut déjà produire une information conforme si les travaux et contrôles nécessaires sont correctement réalisés : maturité opérationnelle et conformité ne sont pas synonymes.
Intermédiaire : un processus reproductible
Le référentiel sectoriel est partagé, les responsabilités sont connues et les ajustements ont une classification stable. Les contrôles rapprochent les données de gestion et les comptes ; les exceptions sont examinées avant validation. Les comparatifs et les changements de méthode sont documentés.
Signe distinctif : une autre personne formée peut reproduire le dossier sans dépendre de son auteur initial. Le reporting mensuel de gestion utilise des définitions cohérentes avec celles du reporting sectoriel, sans nécessairement reproduire toutes les informations de publication. La priorité devient la réduction des manipulations et la maîtrise des cas particuliers.
Avancé : une chaîne de données intégrée et gouvernée
La gouvernance est l'organisation des responsabilités, des règles de décision et des contrôles d'un dispositif. À ce niveau, les changements de secteurs sont approuvés, datés et répercutés dans les analyses et les comparatifs concernés. Les données peuvent être reliées à leurs sources et les ajustements sensibles font l'objet de validations spécifiques.
Signe distinctif : le groupe peut expliquer à la fois le montant publié, sa provenance et l'effet d'un changement d'organisation. La priorité est alors la qualité de l'analyse et l'évolution maîtrisée du modèle, plutôt que l'accumulation d'indicateurs.
Checklist : questions à se poser
- [ ] Le champ d'application d'IFRS 8 a-t-il été vérifié, plutôt que déduit du seul usage des normes internationales ?
- [ ] La fonction de principal décideur opérationnel est-elle identifiée à partir des décisions réellement prises, et pas seulement d'un titre dans l'organigramme ?
- [ ] Les dossiers régulièrement examinés par cette fonction sont-ils disponibles, datés et cohérents avec le découpage proposé ?
- [ ] Chaque secteur opérationnel satisfait-il les critères relatifs à ses activités, à l'examen de ses résultats et à la disponibilité d'informations financières distinctes ?
- [ ] Les regroupements de secteurs sont-ils justifiés par les caractéristiques économiques et les critères applicables, sans objectif de masquer une activité ?
- [ ] Les tests quantitatifs et le contrôle de couverture du CA externe requis par la norme ont-ils été réalisés et conservés ?
- [ ] Les sociétés contribuant à plusieurs secteurs disposent-elles de règles d'affectation suffisamment précises pour éviter les doubles comptes et les omissions ?
- [ ] La mesure de résultat présentée est-elle définie, avec les éléments inclus, exclus et les différences éventuelles entre secteurs ?
- [ ] Le traitement des ventes internes, des achats correspondants et des résultats internes encore inclus dans des actifs est-il explicite ?
- [ ] Les frais centraux non affectés et les allocations correspondent-ils aux conventions de gestion utilisées par le décideur opérationnel ?
- [ ] Les actifs et passifs sectoriels sont-ils présentés lorsque les conditions prévues par la norme sont réunies ?
- [ ] Chaque rapprochement aboutit-il au montant comptable approprié, avec des différences significatives identifiées et expliquées ?
- [ ] Les informations à l'échelle de l'entité sur les produits et services, les zones géographiques et les clients importants ont-elles été examinées séparément ?
- [ ] Les changements d'organisation et de mesure sont-ils documentés, avec le traitement requis des périodes comparatives ?
- [ ] Les responsables du contrôle de gestion et de la consolidation ont-ils validé le dossier, les exceptions et les commentaires ?
- [ ] Une personne autre que le préparateur peut-elle retrouver l'origine des chiffres et reproduire les principales opérations de calcul ?
À retenir + FAQ
À retenir. IFRS 8 part de la manière dont la direction pilote réellement les activités. La qualité du reporting sectoriel repose sur un découpage justifié, des mesures expliquées et des rapprochements complets avec les comptes. Une lecture de gestion différente de la lecture comptable n'est pas une anomalie si ses conventions et ses différences sont clairement documentées.
Un secteur correspond-il nécessairement à une filiale ?
Non. Une filiale est une entité contrôlée par une autre entité ; un secteur opérationnel est identifié à partir des activités, de l'examen de leurs résultats par le décideur opérationnel et des informations financières disponibles. Une filiale peut participer à plusieurs secteurs, et un secteur peut traverser plusieurs filiales. Les correspondances doivent alors être explicites et contrôlées.
Le résultat sectoriel doit-il être identique au résultat opérationnel ?
Non. Il correspond à la mesure présentée au principal décideur opérationnel selon les règles d'IFRS 8. Il peut notamment laisser certains coûts au siège ou suivre des conventions de gestion différentes. La mesure doit être expliquée, et les totaux doivent être rapprochés des montants appropriés des états financiers. Si plusieurs mesures sont utilisées, le choix publié doit être justifié selon la norme.
Faut-il répartir tous les frais centraux entre les secteurs ?
Non, pas automatiquement. Le traitement dépend de la mesure effectivement utilisée pour piloter. Une répartition arbitraire peut déformer cette mesure et brouiller les responsabilités. Les frais laissés au niveau central doivent cependant être identifiés dans les explications et les rapprochements, afin que le lecteur comprenne leur effet sur le résultat du groupe.
Un groupe avec un seul secteur doit-il publier des informations sectorielles ?
Lorsqu'il entre dans le champ d'IFRS 8, il doit examiner les obligations applicables, même s'il n'a qu'un secteur à présenter. Les informations à l'échelle de l'entité sur les produits et services, les zones géographiques et les clients importants ne disparaissent pas du seul fait de ce découpage. Chaque exigence doit être appréciée selon ses conditions propres.
Une solution EPM garantit-elle la conformité à IFRS 8 ?
Non. Elle peut structurer les données, automatiser des calculs et conserver les validations. La conformité dépend aussi de l'analyse du pilotage réel, des choix de présentation et des informations fournies. Le logiciel exécute un modèle ; la direction financière reste responsable de sa pertinence et de ses contrôles.

Comment ça marche
Vérifier le champ d'application. IFRS 8 vise notamment les entités dont des titres sont négociés sur un marché public, ou qui déposent des comptes pour une émission publique. Elle ne s'applique pas à toute entité utilisant les normes internationales.
Identifier la fonction décisionnaire. Examiner qui arbitre les ressources et quelles informations cette personne ou ce comité utilise.
Identifier les secteurs opérationnels. Vérifier les activités, l'examen régulier des résultats et les informations financières distinctes. Une activité en démarrage peut être un secteur avant ses premières ventes ; un service de siège n'en est pas automatiquement un.
Déterminer les secteurs à présenter. Un regroupement exige des caractéristiques économiques similaires et le respect des critères applicables. Les tests quantitatifs sont trois critères alternatifs de taille ; satisfaire l'un déclenche la présentation séparée. Formules : produits externes et intersectoriels du secteur ≥ 10 % × total de ces produits de tous les secteurs opérationnels ; valeur absolue du résultat sectoriel ≥ 10 % × maximum entre le total des bénéfices des secteurs bénéficiaires et la valeur absolue du total des pertes des secteurs déficitaires ; actifs sectoriels ≥ 10 % × total des actifs de tous les secteurs opérationnels. La valeur absolue est la grandeur d'un montant sans son signe. Les actifs sont les ressources économiques contrôlées par l'entité. Le contrôle de couverture vérifie que produits externes des secteurs à présenter / produits externes de l'entité ≥ 75 %. Ajouter des secteurs si nécessaire ; d'autres peuvent être présentés pour leur utilité informative.
Décrire les mesures. Documenter le résultat sectoriel, les transactions internes et les coûts répartis. Une allocation répartit un montant commun selon une règle explicite. Présenter les actifs et les passifs, obligations actuelles de l'entité, lorsqu'ils sont régulièrement communiqués au décideur opérationnel.
Rapprocher et compléter. Relier les totaux aux états financiers, documents présentant la situation et les résultats comptables de l'entité, et expliquer les différences significatives. Pour le résultat, la cible est normalement le résultat avant impôt et activités abandonnées, sous réserve des dispositions particulières. Une activité abandonnée est une composante cédée ou destinée à la vente répondant aux critères spécifiques d'IFRS 5, norme sur les actifs détenus en vue de la vente et les activités abandonnées. Ajouter les informations requises sur les produits et services, les zones géographiques et les clients importants.