Projet

Plan de comptes et hiérarchies : les 4 axes à verrouiller dans l’EPM

Plan de comptes et hiérarchies : les 4 axes à verrouiller dans l’EPM
Partager
Independent monitoring & analysis — EPM Radar.3 vues

Les difficultés d’un projet EPM peuvent concerner autant la conception du modèle que l’outil : plan de comptes, axes d’analyse et hiérarchies constituent la base des budgets, des consolidations et des reportings.

insightsoftware souligne l’importance du modèle de données pour relier les besoins comptables et budgétaires. SAP met en avant le mappage, la cohérence des référentiels et les contrôles de qualité. À partir de ces principes, cet article propose des recommandations génériques de cadrage, et non un retour d’expérience client.

1. Le plan de comptes n’a pas le même rôle selon l’usage

Un même groupe peut avoir plusieurs logiques de lecture financière. Côté consolidation statutaire, le plan de comptes répond à des besoins réglementaires et comptables. Côté pilotage, il sert aussi à analyser la performance, à préparer le budget et à suivre des axes plus opérationnels.

insightsoftware distingue les besoins comptables des besoins de planification budgétaire : les plans de comptes analytiques ne correspondent pas toujours à la segmentation des comptes réglementaires. La source recommande notamment de définir des agrégats et indicateurs communs.

  • En consolidation statutaire, le plan doit répondre aux besoins comptables et réglementaires.
  • En pilotage, il doit fournir des agrégats utiles au budget, au forecast et au reporting.
  • Si un seul plan doit servir les deux mondes, il convient de vérifier qu’il permet les différents niveaux de lecture attendus.

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre « bon » et « mauvais » plan de comptes, mais de préciser les usages et les correspondances nécessaires pour limiter les retraitements.

2. Les hiérarchies font la différence entre stockage et analyse

Les hiérarchies ne sont pas un détail de paramétrage. Elles organisent les regroupements utilisés pour analyser et restituer les données. SAP souligne ainsi le rôle de la gestion des données de référence dans la cohérence des entités, des comptes et des hiérarchies.

Pour cadrer le modèle, on peut distinguer les dimensions — par exemple compte, entité, département, scénario, version ou période — et les hiérarchies qui organisent les membres de certaines de ces dimensions. Cette liste constitue un exemple générique, et non la description d’un produit particulier.

Dans un projet EPM, il est utile de vérifier concrètement trois choses :

  • la façon dont les utilisateurs liront les chiffres ;
  • la manière dont les agrégations seront construites ;
  • les niveaux auxquels réel, budget et forecast pourront être comparés.

Le conseil de conception est de faire valider les regroupements et les niveaux de détail attendus avant de généraliser le paramétrage. Il faut notamment vérifier qu’une lecture métier souhaitée peut être obtenue sans ambiguïté sur les périmètres agrégés.

3. Les axes d’analyse doivent rester cohérents d’un usage à l’autre

Le cœur du sujet n’est pas seulement le compte. Il faut aussi décider quels axes porteront l’analyse : entités, départements, activités, produits, projets ou centres de coûts, selon les besoins retenus.

insightsoftware recommande d’identifier, dans le modèle de données, les passerelles entre consolidation comptable et budget : agrégats communs, regroupements de périmètre, distinction des traitements statutaires et cohérence des cours de change. L’objectif n’est donc pas nécessairement d’imposer une structure identique à tous les usages, mais de rendre leurs rapprochements explicites.

À titre de recommandations génériques de conception :

  • questionner l’utilité des axes qui ne seront pas exploités dans les analyses ;
  • définir les correspondances entre prévision, budget et réel ;
  • soumettre les découpages propres à chaque équipe à des règles communes ;
  • examiner les besoins futurs identifiés sans surcharger le premier périmètre déployé.

Le bon réflexe consiste à traiter les dimensions comme une architecture de lecture, pas comme une simple liste technique.

4. La gouvernance des données compte autant que la structure

La structure doit s’accompagner de règles de gestion. SAP mentionne explicitement le mappage de données standardisé, la gestion cohérente des données de référence et les contrôles de qualité intégrés.

Dans le cadrage du projet, les points de vigilance peuvent notamment porter sur :

  • les comptes mal rattachés ;
  • les différences de hiérarchies entre équipes ;
  • les incohérences de correspondance entre l’ERP et l’EPM ;
  • les écarts inexpliqués entre reportings.

La question n’est donc pas seulement « comment paramétrer ? », mais « qui décide, qui valide, qui fait évoluer ? ». Il est recommandé de prévoir ces responsabilités dès le cadrage, afin d’encadrer les évolutions éventuelles du modèle.

Une organisation possible de cette gouvernance repose sur trois niveaux :

  • des règles de création et de modification documentées ;
  • des référentiels partagés entre finance, contrôle de gestion et systèmes ;
  • un arbitrage clair quand un nouvel usage entre en conflit avec la structure existante.

Ce qu’il faut retenir pour cadrer un projet

Un modèle de comptes et d’axes ne peut pas anticiper tous les besoins. L’objectif de cadrage est plutôt de rendre explicites les usages, les correspondances et les responsabilités, afin de limiter les reconstructions et les retraitements.

Le point clé est simple : avant de valider le modèle, vérifier que sa structure permet les lectures attendues du budget, du forecast et du reporting, et que ses règles de gestion sont comprises par les équipes concernées.

En résumé

  • Distinguer les besoins de consolidation et de pilotage, puis définir les passerelles entre comptes et agrégats.
  • Valider les hiérarchies et les niveaux de comparaison attendus entre réel, budget et forecast.
  • Documenter le mappage, les contrôles de qualité et les responsabilités d’évolution des référentiels.

Expert Insights — article relu par

Raphael Samoun
EPM Strategist · BHI Consulting

15+ ans d'implémentation OneStream, SAP et Pigment pour des groupes du CAC 40 et Fortune 500. Cofondateur de BHI Consulting et éditeur d'EPM Radar.