Construire le sponsor et la gouvernance d’un projet EPM : le vrai rôle du DAF


Avant de comparer les fonctionnalités d’un outil EPM, clarifiez la gouvernance : qui porte le sujet, qui arbitre, qui représente les métiers, et qui maintient la mobilisation face aux priorités du quotidien.
Les articles d’INTIS et de SQORUS soulignent l’importance du sponsor pour donner l’impulsion et arbitrer.[^1][^2] Pour l’avant-projet, l’objectif est de rendre les responsabilités lisibles afin de faciliter le cadrage des besoins et les décisions.
Le sponsor n’est pas seulement la personne qui « valide » le projet. Dans les contenus analysés, son rôle consiste à porter la vision, à donner l’impulsion et à servir d’instance d’arbitrage lorsque les sujets se tendent entre finance, métiers et informatique.
Selon un article sur les bonnes pratiques de projet EPM, le sponsor est la personne qui croit au projet, le défend auprès du CODIR ou des associés, et évite que les décisions se perdent entre responsables fonctionnels et DSI.[^1]
Sur des projets SI finance, SQORUS décrit le DAF comme étant généralement le sponsor : il porte la vision stratégique et arbitre.[^2]
Pour un DAF qui assume ce rôle, cela implique concrètement :
Concevez le comité de pilotage comme autre chose qu’un simple point d’avancement. Confiez-lui, dans les limites de son mandat, les sujets qui ne peuvent pas être réglés au niveau opérationnel : périmètre, priorités, calendrier, ressources et règles de décision.
Dans un autre domaine, celui de la gestion de projet d’entreprise — Enterprise Project Management, à ne pas confondre avec l’EPM financier —, Smartsheet souligne l’importance d’une stratégie et d’une gouvernance descendante.[^3] Cette référence générale ne suffit pas à définir la gouvernance d’un projet de pilotage de la performance.
Pour votre avant-projet, prévoyez un comité de pilotage où l’on :
Pour éviter l’effet « réunion de plus », privilégiez un noyau de décideurs et invitez les experts selon les sujets. Pour chaque arbitrage, préparez les options, leurs impacts et la date de décision attendue.
La gouvernance d’un projet EPM ne repose pas uniquement sur la direction financière. Elle doit aussi mobiliser les relais métiers capables de décrire les pratiques actuelles, les irritants et les besoins de demain.
Viseo insiste sur l’importance d’impliquer les utilisateurs clés dès le départ, à la fois pour définir les besoins et pour devenir des relais auprès de leurs équipes.[^4]
PwC va dans le même sens en recommandant d’impliquer les utilisateurs métiers et l’IT tout au long du projet, afin de vérifier à la fois l’adéquation fonctionnelle et l’intégration dans l’environnement existant.[^5]
Dans un avant-projet, confiez notamment à ces référents les tâches suivantes :
Ne cherchez pas à raccourcir l’avant-projet en laissant les responsabilités implicites. Formalisez qui décide, qui contribue, qui valide et qui exécute.
OneVision Consulting présente son évaluation initiale des transformations comme une analyse conjointe des personnes, des processus et de la technologie.[^6] Il s’agit de sa démarche déclarée, non d’une preuve de résultat applicable à tout projet.
Avant même de choisir une solution, répondez à quelques questions simples :
Consignez ces réponses dans une fiche de gouvernance et prévoyez un registre des décisions. L’objectif est de rendre les demandes et les arbitrages traçables plutôt que de les laisser dans des échanges dispersés.
Lorsqu’il est sponsor, le DAF joue un rôle central, mais il n’a pas vocation à tout faire. Son enjeu est de poser un cadre clair et de s’assurer que chacun connaît son niveau de responsabilité.
Pour rendre ce cadre opérationnel, retenez trois points de vigilance :
Pour un projet EPM, ne vous limitez donc pas à une matrice de fonctionnalités. Définissez aussi une gouvernance couvrant l’expression des besoins, le choix de la solution et le cadrage de l’intégration.
Une gouvernance explicite peut faciliter la sélection d’un outil et préparer l’exécution. Pour en vérifier l’utilité dès l’avant-projet, contrôlez que chaque besoin prioritaire a un responsable, que les désaccords ont une voie d’escalade et que les décisions sont consignées.
Si le sponsor est peu disponible, si les arbitrages restent ouverts ou si des métiers concernés n’ont pas participé, traitez ces points avant de figer le cahier des charges. Réexaminez alors les besoins concernés plutôt que de considérer leur validation comme acquise.
SQORUS indique que le DAF est généralement le sponsor d’un projet SI finance.[^2] INTIS mentionne aussi le DG en PME.[^1] Choisissez une personne disposant de la légitimité et du mandat nécessaires pour porter la vision et arbitrer.
Oui, mais prévoyez aussi dans son mandat les décisions de périmètre, de ressources et de priorités qui dépassent le niveau opérationnel.
Pour confronter les besoins aux pratiques réelles et faire participer les utilisateurs clés à leur définition et à la validation des choix fonctionnels, comme le recommande Viseo.[^4]
[^1]: INTIS, Projet EPM : bonnes pratiques et choix organisationnels. [^2]: SQORUS, Pilotage et gouvernance d’un projet SI Finance : quels profils impliquer ?. [^3]: Smartsheet, Guide de la gestion de projet d’entreprise. Cette source traite de l’Enterprise Project Management. [^4]: Viseo, Comment réussir la mise en œuvre d’une solution EPM ?. [^5]: PwC, Publication sur la sélection d’un outil EPM. [^6]: OneVision Consulting, Présentation des services et de la démarche d’évaluation initiale.
15+ ans d'implémentation OneStream, SAP et Pigment pour des groupes du CAC 40 et Fortune 500. Cofondateur de BHI Consulting et éditeur d'EPM Radar.